2009

«A l’aube de ses 40 ans, internet n’est qu’un grand adolescent»


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«A l’aube de ses 40 ans, internet n’est qu’un grand adolescent»

Informatique Hier à Los Angeles (UCLA) Leonard Kleinrock a fêté le 40e anniversaire du premier « cyber-dialogue » entre deux ordinateurs.

GLENN CHAPMAN
Il y a quarante ans, Leonard Kleinrock était loin d'imaginer que des phénomènes de société planétaires comme Facebook, Twitter ou Youtube découleraient de l'invention à laquelle il venait de donner naissance avec son équipe: internet. «Nous sommes constamment surpris par les applications qui affluent», dit-il aujourd'hui à l'AFP au moment de souffler jeudi avec d'autres les quarante bougies de son «bébé» à l'Université de Californie à Los Angeles.

«C'est un adolescent maintenant, se réjouit-il. Il a appris des choses mais a encore un long chemin à parcourir. Il se comporte de façon imprévisible, mais il a apporté beaucoup de satisfaction à ses parents et sa communauté.»

C’était en 1969…
Le 29 octobre 1969, le professeur Kleinrock était à la tête de l'équipe qui a réussi pour la première fois à faire «parler» un ordinateur de UCIA à celui d'un institut de recherche. Il était guidé par la certitude que les ordinateurs étaient destinés à communiquer entre eux et que le réseau qui en découlerait devait être aussi simple à utiliser qu'un téléphone.

«Je pensais que ça se ferait d'ordinateur à ordinateur, pas de personne à personne», explique Kleinrock, en un clin d'oeil aux réseaux sociaux et au partage de contenus qui sont aujourd'hui l'emblème d'internet. «Je n'aurais jamais imaginé que ma grand-mère de 99 ans passerait son temps sur internet comme elle l'a fait jusqu'à sa mort...»

L'un des principes clés pour que des ordinateurs puissent échanger des données est de diviser les informations numérisées en paquets qui peuvent être transmis à la demande et sans perte de temps, selon Kleinrock. Le professeur avait couché sa vision sur papier dès 1962 dans un texte universitaire qu'il avait ensuite publié. Mais «personne ne voulait en entendre parler, en particulier (l'opérateur téléphonique) AT&T», raconte-t-il. «Je suis allé les voir, et ils ont dit que ça ne marcherait pas et que même si ça marchait ils ne voulaient pas y être mêlés.» L'opérateur a tout de même fourni des câbles reliant des ordinateurs pour ARPANET, un projet financé par une branche de l'armée américaine dédiée à la recherche. Les ingénieurs ont commencé à taper «LOG» pour entrer dans un autre ordinateur à distance, mais celui-ci est tombé en panne juste après le «O». A la deuxième tentative, le professeur et son équipe ont réussi à se «loguer» dans l'autre ordinateur, et à envoyer des données sur l'ARPANET. Des ordinateurs situés dans deux autres universités ont été intégrés la même année, et les chercheurs ont testé le réseau jusqu'à plus soif.

Grâce à la guerre froide
Les fonds provenaient de l'Advanced Research Projects - Agency (ARPA), une organisation du Département de la défense créée en 1958 en réponse au lancement du Spoutnik par l'URSS, les Etats-Unis étant alors engagés dans une course aux technologies avec leur rival de la guerre froide. Une série de «super ordinateurs» ont été ajoutés au réseau à la fin des années 1980, ouvrant la communauté en ligne à d'autres scientifiques. «L'internet était-là, mais à l'insu de Monsieur Tout-le-Monde», affirme Klein-. rock, expliquant que ce n'est que lorsque des systèmes de courriels ont été installés dans les entreprises que l'univers du «.com» a explosé. AFP

20 ANS PLUS TARD, LE WEB
Ne pas confondre internet et world wide web! Né 20 ans après l'internet, le web n'est en effet qu'une de ses applications - celle qui en a fait un phénomène de masse. C'est en 1989 que Tim Berners-Lee, du CERN à Genève, a jeté les bases de ce système hypertexte public qui permet de consulter, avec un navigateur, des pages en ligne sur des sites. D'abord destiné aux scientifiques, le web a «explosé» au milieu des années 90, avec les navigateurs adaptés aux ordinateurs les plus courants. Fin 1994, le Web comptait 10 000 serveurs (2000 commerciaux) et 10 millions d'utilisateurs, pour un trafic équivalant au transfert des oeuvres complètes de Shakespeare à chaque seconde.

La Liberté / 30 octobre 2009

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