2004

Max Havelaar: accusée de faire le jeu des supermarchés
Mecs: Quel type êtes-vous?
Les clients de publisuisse: Sinus-milieus: la typologie du mode de vie


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Max Havelaar accusée de faire le jeu des supermarchésCommerce équitable : Aux objections d'une ONG française qui l'accuse de faire de la concurrence déloyale et du néocolonialisme, Max Havelaar-Suisse rétorque et lance cette semaine une campagne de promotion dans les supermarchés du Bassin lémanique.Aujourd'hui, dans les supermarchés, on trouve de plus en plus de produits "équitables": à la Coop, à la Migros, et maintenant chez Manor, les rayons exposent miel, café, chocolat, sucre, riz, bananes, ananas et même des fleurs estampillés Max Havelaar. Le consommateur se laisse volontiers séduire par ces denrées dont il sait confusément qu'elles sont porteuses d'une plus grande justice dans le monde. Mais voilà: le commerce équitable est-il vraiment si équitable? Ne cautionne-t-il pas au fond la mondialisation, la grande distribution, ne sert-il pas de bonne conscience pour les nantis?
Ces questions font l'objet de "10 objections majeures" lancées par l'ONG française Casseurs de pub sur son site http://ecolo.asso.fr. Première organisation dans le collimateur: Max Havelaar, dont la branche suisse totalise à elle seule un tiers des ventes labellisées "équitables" dans le monde, qui rétorque: on peut collaborer avec le système sans perdre son âme. Et remballe sans peine les arguments, souvent légers, des alter-mondialistes français.
Pourtant, derrière ce ping-pong idéologique, se profile un dilemme de fond: rendre le commerce mondial plus humain à tous les échelons, ou vendre un maximum de produits "propres". Du petit producteur jusque dans votre assiette, c'est ce qu'essaient de le faire les Magasins du monde (MdM) avec certains de leurs articles (artisanat par exemple). D'autres (et c'est le concept Max Havelaar qui cible les filières de la grande distribution) privilégient l'article fini dont on garantit que le petit producteur est décemment payé et respecte des normes socio-écologiques. Mais pour survivre dans le marché mondial, vendre toujours plus est-il le critère principal? Quelle est la ligne rouge à ne pas franchir? Verra-t-on un jour Max Havelaar s'associer à Nestlé? Ces questions trouvent toute leur actualité alors que le leader mondial du label équitable lance cette semaine une vaste campagne dans les supermarchés du Bassin lémanique.Le seul moyen de survivre
Un fossé s'est creusé au cours de ces dernières années entre les approches MdM et Max Havelaar, observe Catherine Schümperli, chercheuse à l'IUED (institut universitaire du développement) à Genève et auteur d'une vaste étude sur le sujet. Pourtant, les deux démarches sont nécessaires et devraient pouvoir se renforcer l'une l'autre. En effet, les "durs" (qui ne jouent pas le jeu de l'économie mondialisée) ne pardonnent pas la "désinvolture" de Max Havelaar. Le succès commercial de ce dernier serait la preuve même d'un dérapage éthique provoqué en jouant le jeu du système et en écoulant ses produits dans les grandes surfaces.
"Il est vrai qu'un des premiers soucis de Max Havelaar-Suisse est d'ouvrir des parts de marché et d'utiliser les filières de distribution", confirme son responsable romand Didier Deriaz. Ce sont Coop et Migros qui détiennent ensemble le monopole (plus de 80 % du chiffre d'affaires) des produits Max Havelaar. Manor est en train de leur emboîter gentiment le pas: depuis un an, la moitié de leurs bananes sont équitables..."Max Havelaar-Suisse a choisi une démarche commerciale où les résultats sont calculés en parts de marché (exemple: 30 % des bananes, 10 % des fleurs, 6 % du café, etc,) avec toutefois une dimension éthique, argue Catherine Schümperli. C'est le seul moyen de survivre, car il faut aussi être rentable dans le commerce équitable. On se rend compte que c'est une utopie de vouloir imposer au commerce mondial les règles du commerce équitable sur toutes les filières".
La chercheuse se dit toutefois très choquée de l'alliance nouée avec McDonald's. Depuis 2003, tous les cafés vendus dans les quelque 150 restaurants McDo en Suisse sont labellisés Max Havelaar. "Il y a des critères et des lignes rouges à ne pas dépasser, soutient-elle. Même si le but déclaré de Max Havelaar-Suisse est de toucher un nouveau public. En réalité, les jeunes qui consomment ce café chez McDo ne connaissent rien du processus ni de la philosophie du label". La critique peut être poussée encore plus loin: qu'en est-il du traitement des employés de McDo? Ou de l'empire de la mal-bouffe? Peut-on ne se soucier que du bien-être des travailleurs du Sud et fermer les yeux sur les abus chez nous?Les fleurs, un luxe
Autre sujet de désaccord: les coûts écologiques et la concurrence déloyale qu'entraîne le commerce équitable. Par exemple, le miel labellisé vendu moins cher que le miel suisse ou les fleurs importées du Kenya et du Zimbabwe. Pour les Casseurs de pub, ce genre de commerce ne tient pas compte du prix de la pollution du kérosène des avions et de la réfrigération. Par ailleurs, la culture se fait sous serre, avec des pesticides, provoquant de graves problèmes de santé chez les travailleurs. "Le marché des fleurs existe de toute façon, rétorque Didier Deriaz. Il génère des centaines de millions de dollars par année. Nous ne faisons que grignoter dans ce marché tout en cherchant à améliorer les conditions des travailleurs. De plus, une étude menée par l'EPFZ (Ecole polytechnique fédérale de Zurich) a montré que les coûts écologiques sont trois fois supérieurs pour les fleurs cultivées en serre en Hollande que pour les fleurs importées du Sud".
Mais Catherine Schümperli persiste dans la critique: "Les fleurs font partie des produits de luxe. C'est un produit typique qui ne devrait pas entrer sous le label équitable. On assiste de plus en plus chez Max Havelaar à des choix stratégiques qui ne prennent pas en compte tous les principes originels du commerce équitable. Bien sûr, on peut trouver réponse à tout, mais il faut quand même voir quel esprit on veut garder derrière ce label". Derrière ces réactions en chaîne, toujours le même impératif: la survie économique. Presque chaque année, Max Havelaar sort un nouveau produit. C'est pour la fondation (qui s'autofinance aujourd'hui) un moyen de ne plus être tributaire de subventions.Le Suisse en tête du marché équitable
Le Suisse achète pour 14 euros par année de produits éthiquement corrects. Il est suivi de loin par le consommateur britannique (2.25 euros). Même si cela représente un pourcentage encore insignifiant, le marché du commerce équitable est en constante progression. En 2003, Max Havelaar-Suisse, qui totalise une centaine de millions d'euros sur les 350 millions du marché équitable dans le monde, a enregistré une croissance fulgurante de 40 % par rapport à l'année précédente. En détail: fleurs (+70 %), bananes (+25 %), sucre (+265 %), café (+23 %), etc.
Selon un sondage cité par Didier Deriaz, Max Havelaar serait la 3e entreprise la plus connue en Suisse (près des trois quarts des Helvètes connaîtraient ce label), Nestlé venant en tête. D'où vient cet engouement pour le commerce équitable? "En Europe, les Suisses sont les plus généreux donateurs aux ONG, rappelle Catherine Schümperli. Il y a aussi le pouvoir d'achat du franc ainsi que la petite taille du pays qui permet de sensibiliser plus facilement les consommateurs. D'autant que le concept a été très vite adopté par les deux géants Coop et Migros qui s'efforcent de promouvoir le label auprès des consommateurs comme du personnel".
Lancé dans les années 1988 aux Pays-Bas, Max Havelaar a été le premier label garantissant un revenu décent pour les petits producteurs du Sud. Ces achats éthiques permettent à 800'000 familles, soit 5 millions de personnes, d'améliorer leurs conditions de vie dans les pays défavorisés.

La Liberté, Carole Vann, le 22 septembre 2004 - Publisuisse

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Spécial mecs: Quel type êtes-vous?Comment maîtriser les toutes dernières expressions inventées par le marketing ou les médias pour parler des mecs.Une avalanche. Ces derniers temps, journaux, pubs, études de marketing, sondages et professionnels du luxe rivalisent de mots nouveaux pour qualifier l'homme contemporain.
Le garçon a-t-il tellement changé qu'il faille ainsi faire assaut de vocabulaire? Ou s'agit-il de lui faire croire que tout le monde, sauf lui, a évolué, pour mieux lui vendre les nouvelles crèmes (au demeurant formidables) de Shiseido Men, et la toute dernière chambre à coucher Gucci? Le débat est ouvert. En attendant, une leçon Assimil s'impose.ANDRO Abréviation d'androgyne. En vogue dans les années 60-70, époque des minets à frange et des chemises à fleurs. Ne pas confondre androgyne (qui emprunte à l'autre sexe certaines caractéristiques) et asexué (qui met en sourdine ses caractéristiques sexuelles, comme les parfums ninetie's). Mots à la baisse. Aujourd'hui, l'homme nouveau veut plus. Il se rêve au moins pluriel.BOBO Le bourgeois bohème. Invention de la fin des années 90. Le bobo s'habillait sur boo.com (qui a fait faillite), roulait en trottinette (piquée par le petit cousin), flambait en Bourse (aujourd'hui descendue en flammes), était prêt à vendre son avion privé pour voler sur Swissair et manger dans de la vaisselle de porcelaine (mal barré). De ses brèves années de gloire, le bobo n'a gardé que ses compiles lounge et sa dévotion, désormais sans ccp, pour le dalaï-lama. Souvent, le bobo a viré nono.CASTOR AND CO Ne pas confondre le castor à poils, reconnaissable à son courage et à sa queue multifonctions, avec une des catégories d'homme répertoriées par une étude européenne intitulée "L'homme dans tous ses états". Selon ce panorama TGI, il y a en Europe 7 grandes familles de nouveaux mâles. Sortent en tête, les "machos traditionnels" (16 %) qui estiment que la place de la femme est à la maison, que la solution finale est dans le mariage et que "la vie s'écoule tranquillement". Arrivent les "ambitieux dynamiques" (15 %) à égalité avec les "mode et tendances". Puis, dans un mouchoir, les "nostalgiques famille", les "modernes citoyens" et nos "castors sympathiques". Ces derniers jouent de la guitare et savent déboucher l'évier. Bref, les castors, même dépourvus de queue multifonctions, sont un cauchemar de rival.EMINEC Si ce mot n'existe pas, on aura bien fait de l'inventer. Contraction de Eminem + mec. Homme que toutes ces nouvelles identités effraient et qui se replie sur une attitude très macho, anti-homo, violent. Réflexe pit-bull. A l'opposé du "métrosexuel" expliqué ci-après.EX Terme inventé par le bureau Nelly Rodi, à Paris. Contrairement aux nonos, les ex sont des consommateurs "excentriques qui veulent faire de leur vie une oeuvre d'art. Le luxe, pour eux, est dans la rareté, l'originalité".HIMBO Comme la bimbo. Mais en version poils + testostérone. Muscles, pectoraux, gélules. Sa devise: "Les fesses masculines sont les nouveaux seins du XXIe siècle."HOMME SENSIBLE Qualifiait jusqu'il y a peu et affectueusement les hommes à hommes. L'expression vient de ressurgir dans une des dernières campagnes Biotherm: "Oui, les hommes sont des êtres sensibles. Et leur peau l'est aussi!" Sous-titre, please.HYPERRÉALISTE Selon un sondage Ipsos, les jeunes disent avoir perdu leurs repères. En pleine crise identitaire, certains se tournent vers le passé (ce sont les néo-conservateurs). D'autres puisent leur appareil de références dans une réalité brute et pure. Ce sont les hyperréalistes: "Ils craignent toute manipulation. Pour les séduire, une marque doit absolument se montrer différente."KIDULT Adulte de modèle courant qui n'arrive pas à grandir. En vente partout. Sans Migros-data.LIPOPHOBE Terme découvert dans une des très sérieuses pages "Rebonds" du quotidien Libération. Comme son nom l'indique, le lipophobe est obsédé par les lipides et la peur de prendre des kilos. La nuit, il dort. Le jour, il ne pense qu'à ses performances sexuelles. Version luxe du himbo. Plus macho que le métrosexuel.MASTER Ou "présénior". Les masters ont entre 45-60 ans. Segment jusqu'ici un peu oublié du marketing jeuniste. Juteux. Très. MÉTROSEXUEL Le héros de l'année. Journaux, publicitaires, sociologues et même footballeurs n'en ont que pour lui. Cible rêvée des marques qui lancent des spas tout blancs et des sacs en croco vernis. Le mot remonte pourtant à l'antiquité du XXe siècle finissant, où il était plutôt injurieux (terme de mépris de certains gays à l'égard des hétéros essayant de les imiter, semble-t-il). Aujourd'hui, un métrosexuel est un garçon tellement bien dans ses mocassins qu'il n'a plus aucun complexe à être pris pour un gay et à piquer aux filles ce qu'elles ont de mieux: leurs crèmes, leurs larmes, leur intelligence. Métrosexuel célèbre: Beckham pour qui cette catérogie semble avoir été inventée.NONO Lit Naomi Klein. Est contre les logos, la société de consommation, la pub, l'OMC, etc. Aux antipodes de l'ex. PLURIEL L'homme nouveau, le messie nietzschéen, c'est lui. Tiraillé entre "son désir de ne pas perdre sa virilité" et ce que lui a appris sa mère, une féministe modérée. Responsable mais enfantin. Fils, un peu déstabilisé d'un de ces couples insouciants né dans les années 70. Héritier de toutes ces catégories inventées dans les années 8o: le papa poule, le Rambo, le golden boy, le gay. Emotif, enthousiaste. Mais pas dupe. Peine à construire son identité d'homme. Si vous avez lu ce petit lexique, si vous vous êtes reconnu, comme nous, dans chacune de ces 14 définitions, vous êtes un homme pluriel. Ne reste plus qu'à nous souhaiter plus longue vie que la majorité.

Stéphane Bovin

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Sinus-milieus: la typologie du mode de vie Sinus-Milieus, nouvelle typologie des consommateurs en Suisse, regroupe des personnes dont la façon de penser et le mode de vie se ressemblent. Occupant leurs loisirs de la même façon et partageant les mêmes systèmes de valeurs, elles ont aussi les mêmes habitudes de consommation, s'agissant des émissions TV aussi.Plus les préférences des consommateurs se personnalisent, plus il est important de cerner les groupes cibles au-delà des caractéristiques sociodémographiques. La méthodologie Sinus-Milieus repose sur l'analyse des univers et des styles de vie des consommateurs. Travail, famille, loisirs, religion, consommation et médias font partie des univers de vie. Sinus-Milieus est donc une typologie à dimension humaine, qui découle directement de la vie quotidienne des personnes interrogées.
L'une des caractéristiques de Sinus-Milieus est d'illustrer les différents milieux avec des photos de l'environnement des personnes interrogées, mettant ainsi en scène les "univers de logement".Les clients de publisuisse disposent de la typologie établie par "Telecontrol", et désormais aussi des dix nouveaux groupes cibles intégrés dans "mediaoptimizer" et "publiplan". Les univers de vie peuvent donc se planifier. publisuisse a développé ses deux outils déjà connus pour permettre de combiner à volonté les dix milieux. On peut ainsi tailler sur mesure les campagnes TV pour atteindre à coup sûr son groupe cible.Service supplémentaire: le graphique Sinus reproduit ci-dessous est lui-même intégré à "Telecontrol". Il permet de positionner concrètement les émissions et les programmes suivant les affinités des nouveaux groupes cibles. Dans la postanalyse et l'évaluation, le graphique Sinus est aussi réparti suivant les régions linguistiques. A l'avenir, il sera donc possible de situer des campagnes complètes sur la carte Sinus avec les dix types de milieux. On peut ainsi mettre en évidence les milieux qu'une campagne atteint en premier lieu. Grande bourgeoisie
Style, hédonisme et réussite caractérisent la perception de la vie de ce groupe. Les grands bourgeois suivent de près l'évolution sociale et sont ouverts aux nouveautés. Ils disposent en général d'une formation supérieure et ont conscience de leur valeur. 550'000 personnes comptent parmi la grande bourgeoisie qui représente 9 % du potentiel de consommation en Suisse.
Elle constitue par excellence le milieu social dirigeant et, avec un revenu de 7'800 francs et plus, un segment aux fortes capacités financières. Les femmes y sont largement représentées, à hauteur de 57 %.Comportement TV: La grande bourgeoisie regarde la télévision surtout à l'heure du prime time. Les personnes de ce groupe se montrent sélectives. En tête de leur hit-parade viennent le sport et les films, en particulier les policiers et les grands classiques. Mais elles apprécient aussi les émissions de variétés et d'informations des consommateurs.Post-matérialistes
Ce sont des citoyens engagés qui militent pour un monde plus juste et une protection durable de l'environnement, tout en privilégiant individualisme et épanouissement personnel. Ils prennent leurs distances par rapport à la société de consommation, mais disposent d'une solide assise financière grâce à leur formation secondaire ou supérieure et à leur position professionnelle. Ce groupe de 670'000 personnes constitue 11 % de l'ensemble des milieux. Les femmes y sont présentes à 68 %, avec la plus forte représentation de tous les groupes.Comportement TV: Téléspectateurs sélectifs, ils regardent peu la télévision. Les post-matérialistes sont devant leur petit écran en début de soirée, à l'heure du prime time. Même ces intellectuels critiques regardent davantage la télévision le dimanche, où il leur arrive d'allumer le poste dès midi. Informations et documentaires sont leurs émissions préférées. Mais ils apprécient aussi les films policiers ou sentimentaux.Ambitieux modernes
Ce groupe jeune, motivé par la performance, aspire à l'indépendance et à l'épanouissement personnel. Il privilégie la réussite professionnelle et une vie intense. Il attache beaucoup d'importance aux biens matériels, au prestige et à la notoriété. Les ambitieux modernes sont les premiers à utiliser les nouveaux médias et les technologies d'avant-garde. Avec un âge moyen de tout juste trente ans, ce milieu est le plus jeune de tous. Formation secondaire et supérieure domine. Le revenu moyen est de plus de 4'000 francs.Comportement TV: Comme il y a beaucoup d'hommes célibataires dans ce milieu, la consommation TV journalière est relativement importante. Chez les ambitieux modernes, le téléviseur est allumé dès midi et le reste souvent jusque tard dans la soirée. Ce groupe est largement représenté du pre-prime time au post-prime time. L'après-midi et en début de soirée, séries et sport font partie de ses émissions préférées. Les ambitieux modernes regardent aussi la télévision pendant le prime time lorsqu'il s'agit de comédies ou de films d'action et d'aventures. Bourgeois conservateurs
Ce groupe vit suivant des principes chrétiens et des règles morales strictes. Il attache de l'importance à l'ordre et aux valeurs. Tout changement est perçu comme une menace. Les bourgeois conservateurs représentent 9 % du potentiel de consommation. Les trois quarts d'entre eux sont âgés de plus de 60 ans. Dans ce segment, le niveau d'étude est majoritairement bas et, avec moins de 3'850 francs de revenu, ce milieu ne dispose que de moyens financiers limités.Comportement TV: Téléspectateurs assidus dont la consommation TV moyenne est d'environ cinq heures par jour en Suisse romande, les bourgeois conservateurs sont des fidèles de la télévision. Ils sont nombreux à allumer leur poste dès midi et à rester jusqu'à 22 heures et plus devant le petit écran. Les bourgeois conservateurs veulent être bien informés et donnent ainsi la priorité aux émissions d'actualités. Ils apprécient aussi les variétés et sont friands des grands shows TV.Conservateurs populaires
La culture de ce groupe se caractérise par un attachement aux schémas de valeurs classiques. Son style de vie est simple et modeste. Statut et reconnaissance sociale jouent un rôle secondaire. Le niveau de formation de ce milieu est essentiellement élémentaire. Ce groupe représente 10 % de l'ensemble, mais il est représenté de manière très différente suivant les régions. En Suisse romande, on compte 21 % de conservateurs populaires et au Tessin jusqu'à 32 %. Le revenu par foyer est d'environ 4'000 francs.Comportement TV: Public type du prime time, ce groupe allume le téléviseur pour regarder les actualités à 19h30 et l'éteint après le film de la soirée. Mais pendant le week-end, les conservateurs populaires commencent à regarder la télévision dès midi. Quiz et shows, magazines, films policiers et grands classiques du cinéma sont leurs émissions préférées.Statutaires
Les statutaires ont des objectifs bien définis, avant tout matériels. Ils tiennent à afficher leur bien-être, chèrement acquis par le travail. Leur vie quotidienne est motivée par le désir d'ascension sociale. Ainsi, ils tiennent compte de l'évolution de la société et suivent avec intérêt les progrès technologiques, dans la communication par exemple. Ce groupe est représenté en Suisse alémanique à hauteur de 12 %, mais atteint à peine 5 % en Suisse romande et Suisse italienne. Les statutaires ont une bonne formation. Un tiers d'entre eux dispose d'un revenu mensuel de 7'800 francs et plus.Comportement TV: Dans ce milieu, une personne sur deux allume le téléviseur en tout début de soirée, les autres à 19h30. Le vendredi, la consommation TV baisse de façon significative, car les statutaires sortent. Ils aiment regarder la télévision le dimanche soir pour suivre le sport qui fait partie de leurs émissions préférées, avec les actualités et les magazines d'information.Bourgeois modernes
C'est le plus important milieu de Suisse, avec 16 % de potentiel de consommation. Il aspire au maintien du statu quo et considère toute nouveauté avec scepticisme. Il privilégie une vie de famille harmonieuse, reposant sur la sécurité matérielle. Les bourgeois modernes se montrent particulièrement flexibles lorsqu'il s'agit de s'adapter, voire de se plier aux conventions sociales. De nombreux employés et fonctionnaires font partie de ce groupe. Ils se situent financièrement dans la moyenne avec un revenu de 4'000 à 7'800 francs.Comportement TV: Comme dans leur vie sociale, les bourgeois modernes privilégient à la télévision traditions et valeurs acquises. Voilà pourquoi ce milieu fait partie du public fidèle des émissions de variétés typiquement suisses. Consommateurs populaires
Avec un revenu mensuel d'environ 3'000 francs, ce groupe dispose de moyens financiers relativement modestes, mais il s'adapte dans la mesure du possible au niveau de consommation de la classe moyenne. Bien qu'ouvert aux nouveaux courants de consommation, il est plutôt sceptique vis-à-vis de l'inconnu. Ce milieu représente globalement en Suisse 8 % du potentiel de consommation, mais il est plus fortement présent en Suisse romande à hauteur de 13 %.Comportement TV: Ce milieu reste trois bonnes heures par jour devant le petit écran, et même 220 minutes en Suisse italienne. Grands amateurs de TV, les consommateurs populaires préfèrent incontestablement le sport. Le week-end en particulier, ils allument leur téléviseur dès 12h30 pour regarder aussi des séries, des films policiers et des magazines pour les consommateurs. Rebelles hédonistes
Indépendance et liberté sont les objectifs clés des rebelles hédonistes. Ils perçoivent les valeurs bourgeoises comme des valeurs petites-bourgeoises et, à ce titre, les rejettent catégoriquement. Ce groupe ne recherche ni la reconnaissance sociale, ni la sécurité financière. Son rapport à l'argent est donc flou et imprévisible. Le facteur ludique joue un rôle essentiel à tous les niveaux. Avec 670'000 personnes ou 11 %, ce milieu est très important. Il est particulièrement représenté en Suisse romande. Près d'un tiers des rebelles hédonistes suit encore une formation.Comportement TV: Il découle de l'attitude générale des rebelles hédonistes: ils regardent peu la télévision, sauf le week-end où ils restent devant le petit écran bien après minuit pour regarder leurs films policiers ou d'aventures préférés. Grâce aux magazines TV, ils se tiennent au courant de l'actualité cinématographique pour leurs prochaines sorties. Les rebelles hédonistes ne regardent les émissions sportives que si l'action est aussi flashante que dans un film d'aventures.Expérimentalistes
Individualisme, créativité et goût des expériences nouvelles intenses caractérisent ce groupe cible. Les expérimentalistes sont cosmopolites, ils aiment les contacts et la communication et suivent avec beaucoup d'intérêt les dernières tendances. Ils apprécient encore plus de créer eux-mêmes de nouveaux styles et sont ainsi toujours un peu en avance sur leur temps. Ce milieu est jeune, avec une moyenne de moins de 30 ans. Beaucoup sont encore en formation. Le spectre de revenu est large, avec une constante entre 3'200 et 3'800 francs. Ce segment, réparti de façon régulière en Suisse, représente tout juste 6 %.Comportement TV: Ce milieu jeune regarde relativement peu la télévision. Mais les expérimentalistes allument souvent leur poste dès midi. L'après-midi, ils privilégient les séries, les émissions pour la jeunesse et les dessins animés. Aux heures de prime time, les expérimentalistes consomment de préférence des films d'action et d'aventures.

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