2005

Des gadgets pour gagner le 25 septembre: supports de publicité politique


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Des gadgets pour gagner le 25 septembre

Votation : Crème solaire ou biscuits, les nouveaux supports de publicité politique laissent perplexe

Le «gadget votation» sera très tendance en cette fin d’été et jusqu’au 25 septembre prochain. Hormis les affiches, les annonces publicitaires et les tous-ménages, les partis politiques et les organisations qui s’engagent pour ou contre l’extension de la libre circulation des personnes se sont dotés d’un matériel de campagne bien particulier: crème solaire, biscuits, pommes ou e-cards... Rien de nouveau, diront ceux qui collectionnent, au fil des scrutins, des stylos, des blocs-notes, des accroche-portes et autres bonbons et boites d’allumettes. En prévision du 25 septembre, les petits cadeaux estampillés «oui» ou «non» joueront pourtant du ruban pour se faire une place dans les boites aux lettres ou sur les marchés. Mais pour beaucoup, ce mode de communication politique ne déploie pas que des effets positifs.
«L’idée du gadget est bonne, mais seulement si l’objet fait passer un message», estime Chantal Balet, la directrice romande d’economiesuisse. Son groupe d’intérêt n’usera pas de ce genre de support en vue du 25 septembre. Il préfère se focaliser sur l’information et l’argumentaire. «Mais nous allons distribuer des pommes, en relation avec notre campagne d’affichage dans laquelle ces fruits représentent la prospérité», ajoute Chantal Balet. Après les brosses à dents aux couleurs du PDC, distribuées avant les élections fédérales de 2003, les démocrates chrétiens réitèrent l’expérience du produit d’appel. Le parti va envoyer, à la fin du mois, 150’000 sachets de crème solaire de la marque «Daylong», «exemple concret» d’un produit suisse qui pourrait être plus facilement exporté vers de nouveaux pays grâce à l’extension de la libre circulation. Les deux tonnes de fluide protecteur l’ont emporté de peu sûr les bonbons Ricola, une idée concurrente jetée sur la table de réflexion. Coût de l’opération: entre 80’000 et 100’000 francs, un tiers du budget de campagne du PDC.

Une absence de message?
Narcisse Niclass, de l’agence de communication Royal Agency, émet des doutes quant à la pertinence de cette action. Selon lui, il y a un risque que le produit de consommation ne prenne le pas sur le message qu’il transporte. «La publicité par l’objet peut être un plus, mais elle dissimule souvent une absence de message politique», conclut-il.
Les jeunes du comité interparti «Elargissement» ont quant à eux donné dans les douceurs. Présents dans tous les festivals d’été, ils y distribuent des petits biscuits chinois qui renferment des messages d’information sur les nouveaux Etats membres de l’UE. Environ 30’000 coquilles sucrées ont été produites au prix de 25 centimes pièce. Un vrai succès, selon les responsables du comité.
Dans les autres partis, la publicité reste plus conventionnelle car on estime qu’un support de quelques centimètres carrés ne suffit pas à convaincre l’électorat. Les socialistes font toutefois circuler des «e-cards» sur un site internet créé tout spécialement pour le 25 septembre. Pareil pour les radicaux, qui démarreront leur campagne ces prochains jours. A l’UDC, on joue les désargentés qui comptent davantage sur leur base active que sur des moyens de communication élaborés. Les opposants à la libre circulation distribueront toutefois largement leur fausse lettre de licenciement sous forme de dépliant. «Cette votation est importante et des gadgets pourraient lui ôter son côté sérieux», estime Gregor Rutz, secrétaire général de l’UDC.

Le Temps, Stéphanie Germanier, Berne, le 4 août 2005

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